Le chrétien et la politique

Un chrétien peut-il faire de la politique?

En grec le mot polis signifie tout simplement la ville, mais, derrière chaque ville il y avait dans l'antiquité un mini Etat. Les habitants de ces cités Etats, comme le sont actuellement Monaco, Andorre ou Saint Marin, étaient des citoyens (de citis, la ville en latin) et participaient aux affaires publiques. Cela tranchait avec les royaumes et empires voisins dont les habitants n'étaient que des sujets et devaient obéissance à un monarque. Les Athéniens pratiquaient ainsi la démocratie, expression qui désigne un gouvernement par le peuple. C'est ce modèle qui s'est imposé à toute l'Europe et dans une grande partie du monde. Il n'est cependant pas nécessaire de faire partie d'une démocratie pour faire de la politique puisque toute action de participation ou d'opposition à la gouvernante d'un pays consiste à faire de la politique. Mais, est-ce la place d'un chrétien qui est «citoyen du ciel», «étranger et voyageur sur la terre» et attend la «cité céleste»?

Le politique est partout

Le fait d'être chrétien nous confère un statut nouveau, mais ce statut est spirituel et n'est pas reconnu pour l'heure aussi nous restons participants de la communauté des citoyens de notre pays et, de ce fait, nous avons des droits et des devoirs. Nous faisons de la politique par le seul fait d'exister et si nous refusons d'en faire nous en faisons quand même. Bref, nous sommes tombés dans la marmite dès la naissance. Ainsi Paul qui était citoyen romain s'est servi de ce titre pour sortir de prison, pour en appeler à César et aller à Rome afin d'être jugé par lui. En devenant chrétiens des grecs et des romains ont été mêlés à la politique par le seul fait de se constituer en ecclésia (assemblée). Leurs prises de position, par rapport à l'idolâtrie, au culte de l'empereur leur ont valu une persécution populaire (Cf Démétrius l'orfèvre) puis celle de l'Etat.

Notre soumission aux autorités, notre crainte des juges et de la police sont directement prescrits par l'Ecriture. Notre constitution en association, l'exercice que nous faisons ou pas du droit de vote, notre lecture des journaux, nos publications, la rédaction de cet article sont des actes politiques.

Le fait de vivre sur terre comme citoyens des cieux fait de nous les ambassadeurs d'un royaume étranger et nous confère donc une fonction politique. C'est ce que constatait un auteur inconnu de la fin du IIe siècle dans sa «lettre à Diogène».

"Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays ni par le langage ni par les vêtements. Ils n'habitent pas de villes qui leur soient propres, ils ne se servent pas de quelque dialecte extraordinaire, leur genre de vie n'a rien de singulier. (...) Ils se répartissent dans les cirés grecques et barbares suivant le lot échu à chacun; ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture et la manière de vivre, tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur république spirituelle. (...) Toute terre étrangère leur est une patrie et toute patrie une terre étrangère. Ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants, mais ils n'abandonnent pas leurs nouveaux nés. Ils partagent tous la même table mais non la même couche. Ils sont dans la chair, mais ne vivent pas selon la chair. Ils passent leur vie sur terre, mais sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies et leur manière de vivre l'emporte en perfection sur les lois.»

Quelques exemples nous rappelleront que toute manifestation du christianisme a toujours été un acte politique.

L'exemple de Jésus

Déjà sa naissance est apparue comme perturbatrice de l'ordre politique: Hérode a fait mourir des enfants pour tuer un rival potentiel. Quand Jésus est entré dans son ministère il a parlé contre les autorités politiques et religieuses de l'époque et attiré leur hostilité. (Luc 22:25; 31-32) II a exprimé qu'il était plus important de considérer sa personne que d'aider les pauvres et a refusé d'être l'arbitre des partages terrestres (Luc 12:13-15).

Il a refusé de participer à la révolte contre les romains et il a accueilli des romains et des collaborateurs juifs. Il a été accusé d'être contre César bien qu'il ait dit qu'il fallait rendre à César ce qui était à César (C'est à dire payer l'impôt dû au vainqueur). Il s'est vu appliquer une peine légale et infamante sous prétexte qu'il se considérait comme «roi des juifs»; enfin son tombeau a été gardé par les autorités romaines pour prévenir toute manipulation de ses disciples.

Le vote d'un chrétien

Le droit de vote existe, nous n'avons aucune raison de nous en priver tout en connaissant les limites de cet acte. Notre choix, fait en conscience, ne bénéficie cependant pas de l'inspiration du Saint Esprit. Inévitablement nous avons des inclinations politiques qui reflètent notre milieu social et la manière de vivre notre foi.

Un chrétien à tendance légaliste votera plutôt à droite, le chrétien qui se veut progressiste et libéral votera à gauche. Ce faisant l'un et l'autre avaleront des couleuvres: tel parti est par exemple contre l'avortement, mais il peut être aussi raciste. Tel parti est peut être plus à même d'établir la justice sociale mais il veut banaliser l'avortement, l'homosexualité, l'euthanasie.

Dans le débat politique sur la peine de mort on trouve des chrétiens dans les deux camps. Les abolitionnistes font un absolu du commandement «Tu ne tueras pas» tandis que les partisans estiment que Dieu lui même a donné aux autorités juives et païennes le droit de mettre à mort pour contenir le mal.

Il faut donc être humbles dès qu'il s'agit de l'usage des droits politiques, il n'y a pas de consigne du Ciel.


Article lu 1196 fois

Retour aux articles
nouveau

Rappel menu

Emissions

A propos d'Antioche Radio

Réseaux sociaux

réseaux sociaux
Dj Antioche Restaurant Saint Ors Antioche Design Gospel CD

Copyright © 2017 Antioche Radio Tous droits réservés

Designed by AntiocheDesign

FaceBook YouTube Twitter